Récits de lutte

(2007-2008) Un groupe bloque le cirque militaire qui parade dans les rues de Québec

(2007-2008) Un groupe bloque le cirque militaire qui parade dans les rues de Québec Guerre à la guerre (2007-2009)

Guerre à la Guerre (2007-2009) était une organisation ouverte et large basée dans la ville de Québec et mise en place après l’annonce d’une parade militaire organisée par la ville pour célébrer le départ des soldat·es de Valcartier pour l’Afghanistan en 2007.

Un impérialisme à la canadienne

Le rôle de l’armée canadienne dans cette guerre impérialiste était de défendre militairement la reconstruction des infrastructures civiles afin de soutenir le régime d’Hamid Karzaï. Celui-ci est devenu président du pays à la suite de bombardements massifs effectués par l’armée des États-Unis moins d’un mois après les attentats du 11 septembre 2001.

Bref, c’était l’impérialisme à la canadienne : d’un côté les actes les plus répréhensibles sont commis par le gouvernement états-unien, mais de l’autre, des milliards sont investis par le Canada dans des missions perçues comme davantage socialement acceptables. Ces missions de maintien du régime en place ont été, malgré le vernis humanitaire, imposées par la menace et l’intervention militaire directe. Dès le départ, il s’agissait d’un enjeu de mobilisation ardu, parce que même l’ONU soutenait l’idée de cette mission de « paix ».

Faire bloc contre la parade militaire

Dans ce contexte, l’annonce du départ des soldat·es de la base militaire de Valcartier, pour remplacer les soldat·es déjà déployé·es en Afghanistan, faisait parler. D’autant plus que leur départ serait célébré par une parade au centre-ville. Autant la population de la ville que les militant·es n’étaient pas chauds à au passage d’une parade militaire dans les rues de Québec.

Des personnes de divers horizons se sont rejoints pour trouver des façons de travailler ensemble — autant des anticapitalistes qui ont lancé l’initiative, que des militant·es de Québec Solidaire ou de la Coalition paix, une organisation citoyenne qui a entre autres organisé les manifestations contre la guerre en Irak en 2003.

Des gens de Montréal et Sherbrooke se sont joints au mouvement, en organisant des services d’autobus pour amener des manifestant·es. Toutes les initiatives étaient bienvenues. Des militant·es de Montréal ont par exemple convaincu les locaux de faire des envois postaux dans toutes les zones où les résidences des soldat·es étaient concentrées, de manière à leur montrer l’exemple de soldat·es états-unien·nes qui ont déserté au lieu d’aller en mission.

Perturbons leurs parades !

Québec est réputée être conservatrice, faisant en sorte que les militant·es, même en ayant de profondes divergences, accordent davantage d’importance à se soutenir entre elleux. C’est dans ce contexte qu’une très grande part des capacités de mobilisations de la ville ont été tournées vers un objectif, clairement élaboré par les organisateur·rices anticapitalistes : perturber une parade destinée à mousser l’impérialisme.

L’année suivante, alors que la ville voulait célébrer son 400e anniversaire avec une autre parade militaire, les militant·es de Guerre à la guerre ont de nouveau saisi l’opportunité pour dénoncer le colonialisme.

Même si ces manifestations n’ont pas altéré le cours de l’occupation canadienne en Afghanistan, la mobilisation de près d’un millier de personnes deux ans d’affilée dans la ville, en plus des perturbations causées par le fait que les manifestations ont dans les deux cas réussi à pénétrer sur le trajet des parades, ont fait en sorte de laisser une impression positive sur les mouvements de résistance au militarisme au soi-disant Québec.

Partager cet article

  • X
  • Facebook
  • LinkedIn
  • Reddit
  • WhatsApp
  • Telegram
  • Pinterest
  • Bluesky

Articles connexes

BLOQUONS CANSEC !

Le 28 mai dernier, des militant·es venus de différentes villes à travers le Canada se sont réuni·es à Ottawa pour manifester contre la foire...

Lire l'article