Analyses
« Israël », une entité coloniale et militaire modèle !
Le Canada et les autres puissances occidentales augmentent leurs investissements dans le secteur militaire et l’expérimentation de leurs technologies meurtrières sur des populations comme celle de la Palestine. « Israël », acteur clef dans ces expérimentations et allié majeur de ces pays, constitue même un modèle pour eux, à plus d’un égard. La Palestine subit de la sorte un acharnement capitaliste et colonial, mais montre aussi la voie de la résistance, de diverses manières.
En évoquant la Palestine, l’ex-premier ministre de l’occupation israélienne David Ben Gourion avait affirmé vouloir « transformer le désert et les friches en une oasis peuplée, florissante, fertile et riche sur le plan culturel, à l’instar de ce qu’ont fait les immigrants anglais en Amérique du Nord et les immigrants néerlandais en Afrique du Sud »1. L’idéologie sioniste s’est donc inspirée de précédents projets de colonies de peuplement, comme celui opéré par le Canada. Cela se manifeste à travers le nettoyage ethnique, le génocide des populations autochtones et l’accaparement progressif du territoire2, le tout en construisant un récit qui tourne autour de la civilisation et de la démocratie. L’Histoire est assez similaire.
La Palestine, laboratoire de l’occupation
Si la colonisation de la Palestine a été inspirée par l’histoire occidentale, la militarisation contemporaine d’« Israël » constitue à son tour une source d’inspiration des États occidentaux. Bien que la conscription soit obligatoire en « Israël » depuis sa création sur la Terre de Palestine en 1948, l’économie militaire s’y est surtout développée au tournant des années 2000. L’effondrement de la bulle Internet et le climat post-11 septembre l’ont poussé à réorienter son économie basée sur les technologies de l’information vers le secteur militaire.3 L’économie « israélienne » profitait d’une demande mondiale accrue pour les technologies de sécurité et de surveillance développées par l’État colonial pour exercer un contrôle de plus en plus serré sur les territoires occupés.4
Pour en savoir plus sur la transformation de l’économie « israélienne » au début des années 2000, voir la synthèse de Naomi Klein dans le chapitre 21 de son livre La stratégie du choca
Pour « Israël », l’état de conflit perpétuel était particulièrement rentable. Dans un contexte de « guerre au terrorisme » basée sur l’arabophobie et l’islamophobie, « Israël » s’est montré comme un modèle de sécurité intérieure. Il a notamment accueilli régulièrement des conférences sur la sécurité intérieure et partagé des méthodes de profilage et des technologies de surveillance avec de hauts responsables de la police et de grandes entreprises. Un échange de ce qui est appelé les « meilleures pratiques » a par exemple mené à ce que des dizaines de corps policiers (notamment ceux de New York et Los Angeles5) et agences gouvernementales (comme la Gendarmerie royale du Canada (GRC)6 et l’agence américaine de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE)7) soient entraîné·es par l’armée d’occupation « israélienne », selon Jewish Voice for Peace. Ces institutions appliquent ensuite les méthodes de répression nouvellement apprises sur leur propre population. Par exemple, Wired a révélé, en octobre 2024, que l’ICE utilisait une application d’espionnage développée par Paragon, une entreprise « israélienne »8 9. L’entité sioniste agit ainsi comme une référence pour les sociétés occidentales en termes de surveillance et de répression.
Ces échanges se sont accélérés depuis le 7 octobre 2023, alors que l’armée « israélienne » et des compagnies états-uniennes comme Palantir10 ont utilisé Gaza comme laboratoire pour de nouvelles armes et technologies de surveillance, comme le rapporte l’American Friends Service Committee. La Palestine devait servir aussi de base militaire pour constituer une épée de Damoclès sioniste-états-unienne contre les pays de la région. En parallèle, on assiste à une montée considérable de la répression dans les pays occidentaux.
Face à l’occupation, la résistance
Les Palestinien·nes n’ont eu de cesse de résister à l’occupation « israëlienne », démontrant au quotidien l’absurdité de l’affirmation occidentale selon laquelle l’entité sioniste serait une démocratie, « la seule au Moyen-Orient ».
Cette résistance est portée par différents groupes sociaux et a pris de nombreuses formes, notamment :
Le mouvement de boycott des produits « israéliens », particulièrement lors de la Deuxième Intifada (2005) et la mise en place de coopératives agricoles visant une souveraineté alimentaire hors du circuit de l’occupation ;
Le « trafic » de sperme, en opposition au système carcéral et de surveillance « israëlien ». Des prisonniers font sortir clandestinement des échantillons de sperme, afin de permettre à leurs épouses d’enfanter et de continuer la « guerre démographique » ;
La guérilla et la lutte armée, portées par des factions d’horizons et idéologies divers·es.
Depuis le 7 octobre 2023, le génocide à Gaza, assiégée depuis 2007, s’est accéléré. La lutte existentielle immédiate a imposé la question de la lutte armée et sa nécessité, en montrant qu’on ne combat pas un appareil militaire (seulement) avec des slogans.
On assiste aussi à une collaboration active entre diverses factions de la résistance en Palestine, à travers la Salle des opérations conjointes palestiniennes. Si celle-ci opère sous l’égide de la branche militaire du Hamas, elle regroupe aussi bien des brigades de groupes islamistes que d’extrême gauche. Les opérations militaires et les actions politiques de ces factions ont été activement soutenues par d’autres groupes de la résistance au Liban, au Yémen et en Irak, ainsi que par l’Iran.
Face à l’impérialisme, au colonialisme et aux guerres d’agression, une résistance continue et une inscription active dans une guerre de libération finit par triompher, malgré l’asymétrie des moyens.
Palestine vaincra !
Désinvestir pour la Palestine
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https://zionism.observer/quotes/david-ben-gurion/the-land-of-israel-will-b ↩︎
https://ualbertapress.ca/blog/foreword-from-canada-as-a-settler-colony-on-the-question-of-palestine/ ↩︎
Naomi Klein, 2008. La stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre. P. 673. ↩︎
Ibid., p. 674 ↩︎
https://www.amnestyusa.org/blog/with-whom-are-many-u-s-police-departments-training-with-a-chronic-human-rights-violator-israel/ ↩︎
https://www.readthemaple.com/israeli-military-showcased-its-gaza-tactics-to-canadian-troops/ ↩︎
https://deadlyexchange.org/frequently-asked-questions-deadly-exchange/ ↩︎
https://www.theguardian.com/us-news/2025/sep/02/trump-immigration-ice-israeli-spyware ↩︎
Il est à noter que des liens étroits unissent ICE à la multinationale de sécurité québécoise GardaWorld, qui opère dans des centres de détention pour migrant·es. ↩︎